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Endométriose : quels traitements ?

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L’endométriose est une maladie complexe, multifactorielle. Il n’y a pas une endométriose mais des endométrioses. Aussi, différents traitements doivent être étudiés en fonction de chaque patiente. Ils ont pour but soit de bloquer les hormones, soit de détruire les lésions et peuvent être associés.

Quels traitements contre l’endométriose ?

L’endométriose est une maladie gynécologique chronique aux symptômes spécifiques et dont le diagnostic est souvent difficile à établir. Différents traitements hormonaux peuvent être prescrits afin de diminuer les douleurs. Dans certains cas, une intervention chirurgicale est proposée pour retirer les lésions.

« Si le diagnostic d’endométriose est posé, il n'y a pas lieu de désespérer. La maladie peut en effet être guérie ; le traitement dépend du stade de la maladie. Au stade précoce, vous pouvez recevoir un traitement hormonal pour bloquer le développement des cellules endométriales. À un stade avancé, le traitement consistera en une combinaison de médicaments et de chirurgie. »

Docteur Ingrid Theunissen, gynécologue

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Les traitements hormonaux contre l’endométriose

Lorsque les douleurs se manifestent et que l’endométriose est avérée, le médecin propose dans un premier temps, un traitement hormonal qui vise à arrêter les règles et entraîne la disparation des saignements au niveau des lésions d’endométriose. Il réduit ainsi les douleurs et peut aussi permettre de stabiliser ou de diminuer les lésions, sans toutefois complètement les éliminer.

Aux stades précoces de la maladie, un traitement hormonal peut suffire à contrôler l’évolution des lésions et à soulager les douleurs.

Le traitement peut être oral, contraceptif ou non, un dispositif intra-utérin (DIU) contenant un progestatif ou un implant sous-cutané ayant une durée d'action longue.

Le médecin peut aussi prescrire des analogues de la gonadolibérine (GnRH) : ces médicaments empêchent la production d’un type d’hormones qui stimulent les ovaires. Ils entrainent l’arrêt des règles (aménorrhée) et simultanément la disparition des saignements au niveau des lésions d’endométriose.

Le traitement chirurgical de l'endométriose

Une opération chirurgicale peut être pratiquée en cas de symptômes handicapants, d’infertilité et selon les organes touchés par l'endométriose. C’est un traitement qui permet d’enlever certaines lésions d’endométriose, avec en conséquence une amélioration des douleurs parfois pendant plusieurs années. Cependant, une intervention est faite sous réserve qu’elle apporte plus de bénéfices (diminution des douleurs, amélioration de la fécondité) qu’elle n’implique de risques (complications urinaires et digestives).

Aux stades plus avancés de l’endométriose, la prise en charge repose souvent sur une combinaison de traitements médicamenteux et de chirurgie.

Cette intervention est délicate, surtout si des lésions sont implantées sur des organes (vessie, rectum, colon…) ou s’il s’agit de de petites lésions disséminées. La chirurgie est réalisée le plus souvent sous cœlioscopie. Si l’endométriose est sévère, une laparotomie (ouverture de l’abdomen) peut être nécessaire.

Après l’opération, si la patiente ne souhaite pas de grossesse, un traitement hormonal est prescrit pour prévenir une récidive douloureuse.

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Comment calmer les douleurs de l’endométriose ?

La prise en charge de la douleur est adaptée à chaque patiente et est associée à un traitement hormonal ou à la chirurgie. Le médecin prescrit des analgésiques. Toutefois, ces médicaments présentent de nombreuses contre-indications et ne peuvent pas être pris sur une longue période, en raison de leurs effets secondaires sur l’estomac et les reins.

Parallèlement à un traitement conventionnel, des thérapies complémentaires comme l’homéopathie (mais aussi l’acupuncture, l’ostéopathie, le yoga ou l’hypnose) peuvent améliorer la qualité de vie, stabiliser les symptômes et lutter contre la douleur.

Le recours à l’homéopathie est fréquent en soin de support. Elle peut, par exemple, aider à rééquilibrer des désordres hormonaux, à créer les bonnes conditions pour une chirurgie et à prendre en charge les conséquences psychologiques de l’endométriose, comme l’anxiété ou la dépression. Elle peut aussi contribuer à améliorer d’autres symptômes gênants comme les colopathies fonctionnelles (douleurs d’intestin avec gonflement).

L'importance d'un bon mode de vie

En complément des traitements médicaux et des thérapies de soutien, l’adoption d’un mode de vie sain joue un rôle important dans la prise en charge globale de l’endométriose.

Mieux vaut prévenir que guérir, et cela vaut également pour cette maladie. Il existe de nombreux facteurs de risque pouvant provoquer la maladie, il est donc préférable d'en être conscient.

"Comme il s'agit d'une maladie inflammatoire, les aliments transformés et le sucre sont à éviter. L’équilibre hormonal a également une influence majeure. Il est donc important d'éviter autant que possible les perturbateurs endocriniens. Le tabagisme et le stress perturbent également le métabolisme hormonal. Un bon mode de vie avec une alimentation saine et suffisamment d'exercice est donc vraiment très important."

Docteur Ingrid Theunissen, gynécologue

Le saviez-vous ?

L’endométriose touche environ une femme sur dix en Belgique¹, soit près de 280.000 personnes. Longtemps méconnue et sous-diagnostiquée, cette maladie gynécologique chronique fait désormais l’objet d’une attention croissante de la part des professionnels de santé et des autorités publiques.
Des initiatives locales, des campagnes de sensibilisation et des centres spécialisés se développent progressivement pour améliorer la reconnaissance, le diagnostic précoce et la prise en charge multidisciplinaire de l’endométriose.

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¹ Soraya Soussi (2024) L’endométriose en sourdine. Mutualité chrétienne. L'endométriose en sourdine | En Marche